Autrefois, toutes les fermes et tous les hameaux possédaient un verger. On n’achetait pas de fruits dans le commerce. On greffait donc tous les ans des arbres sur des fruitiers sauvages, le long des champs et dans les haies. Il y avait principalement des pommiers et des poiriers, des noyers et des cerisiers.

Il y avait énormément de variétés, on estime à 130 le nombre dans notre région. Chacune avec ses qualités et ses défauts. Ainsi on avait des fruits toute l’année grâce à la précocité de certaines et à la qualité de conservation d’autres. L’entretien des arbres était succinct mais bien fait. N’étaient utilisées que des variétés parfaitement adaptées au territoire.

Avec l’arrivée des vergers « industriels », dans les années 50, on a abandonné ces arbres car les fruits ne correspondaient plus au standard. Les arbres sont restés, beaucoup sont morts, et les propriétaires ont souvent eu du mal à les abattre. Le patrimoine qui nous reste aujourd’hui a une vraie valeur !

Il a une valeur patrimoniale, par sa diversité, une valeur paysagère, car il s’intègre parfaitement à notre territoire bocager, une valeur génétique et nous souhaitons qu’il retrouve sa valeur économique. C’est en redevenant « intéressant » pour leurs propriétaires, que ces vergers retrouveront une vie réelle (taille, entretien, renouvellement) et qu’ils sortiront de leur statut de musée vieillissant.

Ce patrimoine fruiter, c’est quoi ?